dimanche 4 janvier 2009

J+286-287 / Los peones

Chimaltenango milieu de matinée, nous embarquons dans la voiture de Tim. Nous prenons la route de Las Escobas, le village où ses parents l'emmenaient en vacances tous les ans quand il était enfant. Ils partaient pour un mois avec leur camping-car du Canada jusqu'ici. C'est une des raisons qui l'a poussé à y installer une école d'anglais. Dans ce village il se sent chez lui et reconnu, il a aussi envie d'aider ces gens à s'en sortir. L'anglais est un tremplin pour les enfants de ce pays pour partir aux Etats-Unis, où ils pourront essayer quand ils seront un peu plus grands, de trouver un boulot. Même si la paye ne sera pas énorme ce sera toujours beaucoup plus qu'ici et ils pourront en renvoyer une petite partie pour aider leurs familles restées au pays. Une pause rapide dans un café internet, nous saluons un de ses potes et nous voilà sur la route. Une bonne heure de route légèrement bitumée qui ne pose pas trop de problème à la voiture rabaissée et coupée sport de Tim. C'est arrivés au premier village étape que nous abandonnons le goudron pour laisser place aux cailloux et à la boue. Nous choppons quelques coupe-faim et nous repartons. Pas le temps de s'attarder, Tim doit être en début d'après-midi dans sa classe pour donner un cours. A partir de maintenant nous sentons que la voiture n'est pas du tout adaptée au pays. Elle patine, accroche tous les cailloux avec son bas de caisse ; manque de rester coincée à plusieurs reprises. Naturellement nous nous faisons dépasser régulièrement par des pick-up sans âge. Arrivés au village nous nous rendons à la salle de classe. Une pancarte annonce son cours. Le bâtiment n'est pas encore achevé, il faut passer sur des planches pour éviter la boue, limite une lampe torche pour accéder à la salle qui est la seule où un premier revêtement mural a été appliqué ce qui n'empêche pas l'eau de s'infiltrer. Ses trois élèves arrivent, nous le laissons pour une heure et partons nous promener dans le village. À notre retour nous reprenons la voiture pour nous rendre sur un site Maya : Mixco Viejo. Le temps de faire la route nous arrivons à l'entrée du site qui ferme ses portes. Tim dans un espagnol sud-américain impeccable glisse deux trois mots bien sentis et le gardien nous laisse entrer pour une heure pas plus. Le site est désert, situé sur le sommet d'une montagne. Avec une vue à mille milles à la ronde. D'un côté des falaises et de l'autre un versant bien pentu, une place parfaite pour construire une ville à l’abri des cités voisines. Le soleil nous accompagne. Dans le lointain nous entendons gronder l'orage, et voyons les éclairs déchirer le ciel des vallées voisines. La ville est semblable aux autres cités que nous avons pu voir jusqu'à maintenant, le quartier des temples, le terrain de pelotes et quelques rares vestiges d'habitations. Après une petite heure de ballade avec le site pour nous seuls, nous regagnons la sortie où nous attendons le gardien à qui nous lâchons quelques billets au passage. Nous comprenons sans qu'il ait demandé qu'il n'en attendait pas moins de notre part. L'orage se rapproche, le temps d'arriver au village nous commençons à sentir le goût de l'humidité qui imprègne l'air. Tim se gare, nous prenons nos affaires et nous dirigeons vers une maison, passons un portail et nous voilà dans la cour d'une bicoque. Trois dames sont là en train de papoter tout en faisant leur broderie. Tim nous présente et nous annonce que c'est notre gîte pour la nuit. Maison classique : mur en parpaings et toit de tôle. C'est ici qu'il loue sa chambre pour les nuits qu'il passe au village. Nous repartons tout de suite dans le village car Tim cherche un contact pour que demain nous puissions visiter un cafetal (plantation de café). Son premier plan tombe à l'eau, le gars à qui il pensait demander n'est pas là aujourd'hui, il est parti à la ville. En discutant avec deux trois personnes il finit par trouver quelqu'un qui pourrait nous aider. Nous arrivons dans une réunion de fermiers qui agrandissent le cercle pour que nous puissions nous installer. Laetitia nous présente et explique notre projet. Tout le monde semble ravi, nous prenons rendez-vous le lendemain six heures du matin avec l'un des fermiers qui se propose de nous faire visiter une plantation. Ici la vie commence beaucoup plus tôt qu'en France, où on trouve de plus en plus difficilement un café d'ouvert avant sept heures du matin. Entre-temps la première personne que Tim avait contactée est revenue et vient à notre rencontre et semble très déçue de nous avoir manqué. Nous lui disons que nous viendrons visiter sa ferme juste après avoir rencontré l'autre cafetero surtout qu'elle se trouve sur le chemin de retour pour Chimaltenango. Sa moue se transforme en grand sourire sous son chapeau de cowboy, on se sert la main et nous disons à demain.
L'odeur de pluie qui régnait dans l'air se métamorphose en quelques secondes en une pluie torrentielle, nous regagnons rapidement notre chambre et nous tenons à l’abri le temps que vienne l'heure de manger. Entre-temps les enfants de la maison sont rentrés de l'école. Tim va s'occuper d'eux, les faire jouer ; pendant ce temps la mère profite pour montrer à Laetitia ses broderies et lui en offrir une, ce n'est pas du plus bel artisanat mais comme dit l'expression populaire, c'est l'intention qui compte. La faim fait son chemin, la pluie elle ne veut pas s'en aller. Nous nous équipons de parapluies et partons vers l'unique restaurant du village et commandons l'unique plat du jour avec la seule boisson qu'ils servent : hamburger et coca. Tim part chercher des tacos et des bières. Le tout fera un très bon repas. Après ce dîner très gastronomique Tim nous emmène à l'école du village avec laquelle il a participé à un projet « pédagogique » lors de sa formation afin de pouvoir enseigner l'anglais au Guatemala, puis il nous emmène dans une famille un peu éloignée du village. Drôle d'ambiance. Une mère avec ses quatre enfants qui vivent dans une seule pièce qu'un gars du village veut bien leur laisser. La télé est allumée. Tim va passer un coup de téléphone, nous échangeons quelques phrases avec la mère, nous lui montrons une photo d'un gamin au mur. « C'est mon fils, une photo qu'il m'a envoyé de Nueva York ». Rapidement la conversation s'épuise et la télévision reprend ses droits. Tim ne revient pas. Nous allons fumer une clope dehors. Nous revenons. Tim non. Silence embarrassé. Tim revient, nous partons. Sur le chemin du retour, il nous explique l'histoire de cette famille : une mère sans mari, avec quatre enfants de quatre pères différents. Le plus grand est aux Etats-Unis où il galère pour travailler, il n'arrive même pas à envoyer un peu d'argent pour aider sa mère à élever ses frangines.
Dix heures, la pluie cesse, la nuit est noire, nous sommes dans notre chambre. Demain debout 5h30. La journée a été bien remplie quelques phrases qui se perdent dans la nuit, nous nous endormons. Le réveil sonne il est déjà l'heure. Dehors le soleil étend son bras sur la vallée, encore quelques minutes et nous le verrons apparaitre en personne au dessus des crêtes. Toilette rapide au grand bac en ciment qui contient de l'eau en permanence pour la vaisselle, la toilette et tous les besoins en eau de la maison. A six heures nous avons rendez-vous près d'une petite épicerie, nous nous y rendons un peu avant pour y prendre notre café. À l'heure prévue un gros 4x4 Toyota arrive avec notre gars. On s'embarque tous à l'intérieur, et nous partons pour le lieu dit « Cacao » drôle de nom pour une plantation de café. Avec cette voiture la circulation sur piste caillouteuse est beaucoup plus facile qu'avec la petite voiture urbaine de Tim, nous passons les nids de poule, les cailloux, les ornières comme si ils n'existaient même pas. Quelques minutes plus tard nous nous arrêtons dans un hameau où notre guide discute quelques minutes avec d'autres fermiers. Ils se passent quelques biftons en sous mains, apparemment c’est pour la coopérative. Je fais quelques photos de ces cafeteros puis nous remontons en voiture pour descendre un peu plus bas dans la vallée. En chemin notre homme nous apprend que la plupart des fermiers de la région ont pu acquérir des terres pour cultiver du café grâce à un plan économique organisé par une ONG qui souhaitait aider les fermiers à cultiver le café et à apprendre le métier. Il n'y avait pas de parcelles pour tout le monde, alors par souci de justice, l'ONG a organisé un tirage au sort avec tous ceux qui souhaitaient participer. Depuis l'association est partie, les fermiers s'en sortent un peu mieux mais ce n'est toujours pas le grand confort. En discutant nous nous apercevons que notre homme ne connait pas la différence entre le robusta et l'arabica, qu'il ne connait pas le principe de commerce équitable. Par contre il connait bien les coyotes qui viennent lui acheter son café, pour un prix de misère, avant même qu'il ne soit récolté et qui sont prêts à laisser le fermier sur place si celui-ci ne veut pas vendre la marchandise et repartir avec leur camion direction Antigua où l'ensemble du café de la région est traité. Nous lui demandons pourquoi ils se s'organisent pas pour envoyer eux-mêmes le café vers Antigua et ne créent pas une petite coopérative pour partager les frais. La suggestion lui paraît intéressante... Sur ces bonnes paroles nous repartons pour le village et nous lui laissons un petit billet pour le temps qu'il nous a accordé et pour la future coopérative ! Nous n'avons pas appris grand chose côté café mais beaucoup sur la façon dont certains profitent de ces pauvres paysans et de leur manque de moyens. De retour dans la voiture de Tim, l'ambiance n'est plus la même on se sent tout de suite beaucoup plus près des forces telluriques. Par moments on aurait presque l'impression d'être trainés derrière un cheval attaché à une corde tant les chocs des cailloux sur le bas de caisse peut-être violents. Tim nous propose de nous emmener jusqu'au village à mi-chemin pour rencontrer le deuxième cafetero. Parfait. L'autre gars fait un peu plus sérieux que le premier, il a commencé son exploitation que très récemment, à peine 5 ans, mais il est très fier et y travaille dur. Il est curieux de ce que l'on connait du café et de ce que nous avons vu lors de notre voyage, il nous demande même si nous ne serions pas des ingénieurs-agronomes. Quand nous lui racontons les histoires des prix d'achat du café et des coyotes, il nous avoue que notre homme à sans doute un peu exagéré la situation et que les prix d'aujourd'hui sont un peu plus élevés. En partant je constate qu'au pied de ses caféiers qu'il y a quelques baies qui traînent, je lui dis au passage que Rafael notre spécialiste colombien nous avait informé que ce n'est pas très bon. Soit j'ai manqué de tact ou il est un peu susceptible, mais il semble vexé et me répond que d'habitude rien ne traine au pied de ses arbres. Rapidement le sourire revient et nous nous séparons heureux de cette rencontre. Avec Tim nous reprenons la direction de la ville. Sur la place du marché encore bien boueuse en cette saison nous garons la voiture, descendons et nous engouffrons entre les étales à la recherche d'une gargote pour calmer notre faim grandissante avant que la pluie n'arrive. Nous commandons le plat national : pollo, patates et frijoles : le plat n'est pas la hauteur de notre faim, c'est juste mauvais. Tim achète quelques fruits au marché et nous accompagne jusqu'à notre bus. Nous lui disons au revoir et le remercions pour tout. Lui aussi nous remercie parce qu'il a appris beaucoup sur le café et a rencontré des gens qu'il ne connaissait pas au village. Nous prenons place dans notre bus et attendons qu'il soit plein pour partir. A Chimaltenango nous devons retrouver Ita, passer encore un jour ou deux avec elle avant de poursuivre notre route.
Nous arrivons en début d'après-midi à Chimaltenango et nous rendons au café internet en attendant qu'Ita soit rentrée chez elle. Malheureusement il y a une coupure générale d'électricité sur tout le Guatemala, durée estimée entre une heure et quatre heures. Nous en profitons pour nous promener dans la ville. Nous visitons un superbe supermarché, pour l’apprécier au mieux nous l'abordons comme une exposition d'art contemporain. Au moins ce musée est gratuit et nous tient à l’abri de la pluie. Après cette magnifique exposition nous partons vers le marché où l'ambiance est beaucoup plus sympa malgré le manque d'éclairage. Nous retournons vers le café-internet et trouvons Julio, un ami de Tim qui nous propose de venir boire un café en attendant que l'électricité revienne. Nous passons dans l'arrière cours, puis dans la salle familiale ou il nous présente sa famille, ici tout le monde vit sous le même toit de l'arrière-grand-mère à au petit-fils. En discutant nous apprenons que c'est lui le gérant de la boutique, que c'est un voyageur au long-cours, il a vécu aux Etats-Unis, que la panne d'électricité n'a rien d'exceptionnelle et que le gouvernement travaille avec le Mexique pour poser de nouvelles lignes pour éviter ce genre de problèmes pour les années à venir. Le temps tourne, l'électricité revient nous nous connectons et appelons Ita pour lui proposer de nous rejoindre quand elle aura fini son boulot et de nous trouver un petit resto sympathique pour notre dernier soir, c'est nous qui invitons. Vers vingt heures, elle arrive avec des amis et nous partons pour le resto de son choix... Mac Do. Cela faisait bien longtemps que nous n'étions pas sortis avec des amis dans un fast-food.
Le jour du départ arrive, comme à l'accoutumé nous réorganisons notre sac, partageons un dernier petit-déjeuner avec Ita qui nous confie au passage une bonne recette de cuisine guatémaltèque, celle du repas qu'elle nous avait préparé pour notre retour d'excursion au volcan. Quelques minutes plus tard nous sommes sur le bord de la Panamerican et attendons notre bus qui va nous arracher à jamais à Chimaltenango. Ils sont nombreux les endroits et les gens que nous avons croisés pour quelques minutes, heures, jours qui nous laissent un souvenir bien gravé dans nos esprits et que pour la plupart nous ne recroiserons, ni ne reverrons. Le bus arrive, nous le hélons, le ticketman balance nos sacs sur le toit, on se trouve une petite place sur des fauteuils défoncés et le bus reprend sa route vers le nord. Pour nous direction le lac Altitlan et la petite bourgade de Santiago.

jeudi 25 décembre 2008

J+283-286 / Pas de fumée sans feu

Réveil dans la maison d'Ita et Tim au fond d'une petite impasse non goudronnée de Chimaltenango. Maison au toit plat qui attend sans doute un étage supplémentaire, tiges de fer sortant des murs en parpaings non recouverts, douche au fond de la cour, Laetitia peut enfin se doucher avec de l'eau chaude. Une habitation typique de la région, du pays et sans doute du continent. Ita passe un bon coup de balai pour chasser l'eau de pluie qui stagne sur le ciment de la cour et en profite pour nous amener le soleil. Cette ville n'a rien de passionnant, sauf qu'elle est proche de la capitale historique Antigua, de la capital politique Guatemala City et qu'elle est traversée par la route Panamerican qui commence en Alaska pour finir dans la forêt du Darién au Panama. Ce qu'il y a de plus intéressant dans cette ville, ce sont les travailleurs, la vie quotidienne des habitants, voir une ville besogneuse loin des sirènes du tourisme qui masquent le bruit sourd de la vie ordinaire. Mais pour le reste nous nous rendons à Antigua avec Tim et son incroyable voiture jaune : un coupé sport. Au passage nous faisons un détour par San Andrès Itzapa. Garé, Tim nous emmène dans une petite rue en pente où des vendeurs de porte-bonheur ont installé leurs étales. On y trouve de tout : herbes, petits papiers pliés, bouteilles d'alcool sans étiquette, graines, petites statuettes à la cigarette. Nous arrivons au coin de la rue, Tim nous fait entrer dans la cour d'une maison d'où une fumée blanche et épaisse s'échappe. Sur le pas de la porte nous comprenons vite la situation. Une petite dizaine de personnes s'agitent à l'intérieur en lançant des herbes sur des feux à même le sol, tandis que d'autres sont à genoux à psalmodier quelques chants obscurs et incantatoires. Au fond à droite installés sur une volée de marche deux « Mariachis » jouent devant une grande porte où semble se diriger la plupart des gens. A l'intérieur l'ambiance monte encore d'un cran. Les gens font la queue pour se prosterner devant une statue et recevoir la bénédiction du prêtre. Tim nous donne quelques informations : la statue représente Machimon, une représentation toute Latino de Saint-Simon, la moustache et la clope au bec. Le prêtre habillé comme monsieur tout le monde donne des bénédictions à tour de bras, fouettant les gens avec de grandes touffes d'herbes avant de boire un coup de gnôle et de leur recracher le tout sur les parties dument fouettées : sommet du crâne, épaules, dos et il enchaîne ces bénédictions sans s'arrêter. Nous sommes ici bien loin des messes en latin de certaines de nos églises. C'est ici que Dieu rencontre le Diable, que la raison rencontre la passion et ne s'en porte pas plus mal ! En repartant nous achetons quelques souvenirs aux marchands du temple qui traînent par-là et remontent en voiture pour Antigua, perle coloniale du Guatemala. Nous avons l'adresse d'une fabrique de café, mais qui est fermée aujourd'hui. Nous laissons la voiture près du marché, passons manger un bout dans le Pollo Campero du coin. Ce fast-food ambiance KFC mais 100 % guatémaltèque est la réponse de l'Amérique latine catholique au géant protestant du Nord, et ça marche. Chez nous le fast-food est synonyme de nourriture rapide et pas chère, ici c'est le contraire : c'est cher par rapport à ce que l'on peut trouver dans la rue et cela devient donc presque une sortie prisée d'aller dépenser son argent là dedans, et c'est aussi signe de réussite d'y travailler. Le ventre plein nous partons nous perdre dans les rues de cette vieille ville à l'urbanisme rectangulaire. Rues pavées, colonnades, maisons à deux ou trois étages ; beaucoup de bâtiments portent les stigmates du tremblement de terre de 1773. D'ailleurs c'est sans doute pour cela que la ville a perdu sa fonction de capitale du pays. Au passage nous prenons quelques informations pour visiter un volcan actif à une heure d'ici et dans la foulée nous prenons rendez-vous pour le lendemain en début de matinée.
Le soir nous passons une soirée ludique à la plus grande joie de Tim qui peut enfin me montrer ses Heroes Click. Nous découvrons à quel point il est passionné par ces figurines de super-héros représentant les avatars de nos dieux modernes. Nous nous installons le ventre plein autour du plateau de jeu et chacun constitue son équipe de super-héros et la bataille peut commencer. Rapidement je constate que Tim est plus intéressé par le côté collection des personnaages que par la stratégie. La partie achevée, nous papotons et Tim nous apprend qu'il a passé une bonne partie de ses vacances d'enfance dans un petit village à deux heures d'ici. Et depuis qu'il est revenu s'installer dans le pays il a repris contact avec eux et à ouvert une classe pour apprendre l'anglais aux enfants. Les parents qui ont un minimum d'argent essayent de pousser leurs gamins à apprendre l'anglais car peut-être un jour ils pourront tenter de passer vers les Etats-Unis pour travailler et gagner un peu plus d'argent qu'ici. Le passage se fait à l'aide des passeurs nommés Coyote. Tim nous propose de monter avec lui au village pour y passer deux jours, en plus de visiter « Son Village » il nous annonce qu'il y a aussi des plantations de café. Il ne nous en faut pas plus pour conclure le marché.
Au matin nous prenons un bon petit déjeuner chez les parents d'Ita, bananes grillées, galettes, jus de fruits, café. Nous visitons l'incroyable maison où des plantes tropicales surgissent de partout, d'immenses cages occupées par des oiseaux de toute taille. Les yeux et l'estomac remplis nous prenons le bus pour Antigua afin de retrouver notre groupe et partir à l'assaut du volcan. Un petit tour en ville, on casse une graine et à 13 heures nous nous postons devant l'agence et attendons sagement sous la pluie. La pluie cesse et une jeune femme nous rejoint et nous emmène vers une camionnette déjà remplie de touristes qui nous saluent à peine quand nous grimpons. Le guide nous rejoint et nous partons. Une heure de route et nous abordons les flancs du volcan, virages serrés, boue et cailloux. Vingt minutes de ce traitement et nous arrivons à l'entrée du parc. Nous ne sommes pas les seuls, il y a déjà un bon troupeau de touristes prêt à gravir le volcan pour aller se chauffer les mains à la source. A peine nous avons mis le pied à terre qu'une bande de gamins nous alpague pour nous vendre bâton et chamallow. Une fois que le prix du bâton rejoint des prix plus raisonnables nous en achetons deux. Le bâton c'est pour faciliter l'ascension du volcan et les chamallows c'est pour les faire griller au dessus de la lave une fois en haut. Direction la guitoune où nous achetons nos billets Nous croisons comme par hasard, qui ne doit plus en être un, Kalen et Jason qui eux aussi sont de l'aventure. Depuis que nos routes se sont séparés à Panama, cela fait quand même trois fois que nous croisons « par hasard » ce couple anglais avec qui nous avions fait la traversé en bateau de Carthagène au Panama. L'échange est bref car leur groupe part immédiatement ; le nôtre met encore dix bonnes minutes à se mettre en place. Une bonne heure à travers la forêt avec les taxi-naturels qui essayent de motiver les tirs au flanc de notre groupe pour les faire grimper à cheval et ça marche !!! Les arbres disparaissent, puis la végétation et enfin la terre elle-même, il ne reste maintenant que poussière noire et cailloux. Devant nous une falaise. De son sommet nous pouvons un paysage lunaire, une coulée de lave solidifiée noire mate. Nous voici devant la puissance de la nature. Nous longeons la pente et rejoignons ce magma solide. En quelques minutes nous marchons sur ce qu'il y a encore quelques jours, quelques heures fût du magma. Nous voyons sous la croûte durcie des rivières de lave en fusion qui coulent. Nous sentons la chaleur de la terre qui remonte par nos chaussures, au loin une langue de feu sort de terre ; plus haut une cheminée de magma solidifié qui nous regarde comme le gardien de l'enfer, à peine avons-nous le temps d'arriver à la rivière de magma que la pluie revient, de plus en plus forte ce qui provoque immédiatement au contact de la lave des nuages de vapeur sulfureuse, à cela s'ajoute le vent qui ramène des nuages. Petit à petit notre champ de vision se rétrécit et nous plonge dans un monde parallèle d'où pourrait surgir quelques esprits mayas venus se venger. Mais heureusement notre guide est là pour nous presser et nous arracher aux griffes de notre imagination et nous ramener loin de ces brumes où il serait facile de se perdre et de marcher par mégarde sur une plaque de lave qui pourrait craquer sous nos pas imprudents et nous offrir un aller-simple pour l'enfer. Retour à la réalité pluvieuse. Mes yeux se mettent à me piquer, me gratter. Un des moindres effets délétères de l'enfer et des évaporations sulfureuses du volcan. Rapidement nous retournons jusqu'à notre point de départ pressés par la pluie et la nuit. En bas nous nous changeons rapidement pour remettre quelques vêtements chauds, un des gars de notre groupe offre une tournée de barquette de frites bien chaude, un petit bonheur bien agréable. Nous embarquons encore grelottants dans la camionnette et regagnons Antigua. Là nous attendrons plus d'une heure Ita qui nous ramène à la maison, pour un bon repas et une douche bien chaude.
Demain direction le village de Tim, à deux heures de piste d'ici.

mardi 7 octobre 2008

J+282-284 / Liaison Tikal-Chimaltenango

Après les ruines, nous voulons continuer notre exploration vers un côté plus nature et nous enfoncer dans les grottes de Raxruha qui forment un des dédales les plus grands du monde. Des dizaines de kilomètres de labyrinthe qui forment des rivières souterraines pendant la saison des pluies.
Midi nous attendons le bus collectif pour partir vers Flores, mais soit on nous a mal renseignés, soit nous sommes en retard. De bus il n’y en a pas. Prochain dans deux heures. Nous posons les sacs à l’ombre et nous nous mettons sous l’arbre. Un homme vient à notre rencontre et nous propose un minibus à un prix touristique. Nous le remercions et nous retournons à l’ombre de notre arbre pour nous en griller une. Le temps de la finir que le gars revient et nous propose un prix beaucoup plus raisonnable. Le temps de monter les sacs sur la galerie de la camionnette et nous partons pour Flores, petite ville sympathique située sur une petite presque île. Une heure de route sous une pluie battante, à l’arrivée n’ayant pas d’adresse nous suivons un rabatteur vers un hôtel nous protégeant de la pluie comme nous pouvons. La chambre n’est pas formidable, mais pour une nuit cela ira bien, l’homme en profite pour nous vendre deux billets pour Raxruha pour le lendemain, nous discutons le prix et concluons l’affaire. On part explorer cette minuscule bourgade, il nous faut une bonne demi-heure pour en faire le tour, et en faisant des pauses pour se protéger des averses. Et c’est ce temps qui nous offre l’opportunité de retrouver Kalen et Jason, nos amis anglais rencontrés sur le bateau pour Panama, qui eux aussi ont décidé de se poser pour la nuit à Flores. Chacun prend ses quartiers rendez-vous en début de soirée pour manger ensemble. A la nuit nous les retrouvons et mettons un long moment pour trouver un restaurant, malgré la petitesse de la ville, qui soit à la fois agréable et dans nos prix, car ils sont comme nous et commencent à se rendre compte que la bourse de voyage est loin d’être inépuisable. Résultat une bonne soirée à se raconter nos derniers jours.
Le lendemain sur le palier de l’hôtel nous attendons le minibus qui doit nous chercher pour nous emmener à Raxruha. Une bonne demi-heure d’attente et voilà le mini-bus qui arrive, déjà rempli de touristes. On embarque un petit salut général qui reste sans écho. Bienvenue dans le monde occidental. On se doute déjà qu’on n'a pas payé le prix local pour cette course.
Pendant tout le trajet notre voisine de derrière et son voisin parlerons…à coup de « Oh my god » « Jesus » « You know » il manquait plus que le claquement de chewing-gum pour que je me retourne et leur envoie le seul mot que je connaisse en anglais « Shut up ». Passage de rivière sur un bac, une heure plus tard nous sommes débarqués à une station service où nous attrapons un pick-up qui nous pose à Raxruha. Route défoncée et boueuse, maisons basses, toits de taule, chien agressif. Nous déposons nos affaires dans un hôtel minable, nous allons manger dans une gargote un tout aussi mauvais « pollo-frijoles » accompagné de tortillas à peine meilleures. Nous partons ensuite à la recherche de nos grottes que nous avons du mal à situer entre les indications de notre guide, notre carte et les directives des locaux. Nous mettons un peu de temps pour attraper une voiture qui veut bien nous déposer à l’endroit supposé où nous devrions trouver le site. Dans le coin personne n’est au courant. Nous finissons par rebrousser chemin et marcher en espérant qu’une voiture passe par-là, il faudra une bonne heure avant qu’un pick-up nous arrache de cette piste. Il est 6 heures, la nuit tombe et la pluie aussi, heureusement nous sommes maintenant à l’abri. Une bonne douche pour se débarrasser de cette horrible odeur de sueur qui m’accompagne depuis quelque mois. Nous voilà propres, prêts pour aller « dîner en ville ». Nous faisons un aller-retour sur la grand route, de restaurant nous ne trouverons qu’une gargote grand-format, lumière criarde, pour une fois sans télévision, juste le bruit d’une radio à peine audible. On nous servira une vieille viande avec des haricots servis à la louche, assis sur notre banc, les coudes sur la nappe en plastique nous expédions le repas.
Le lendemain nous bouclons nos sacs, discutons avec le taulier assis devant sa télé dans le couloir, nous lui racontons notre recherche d’hier et il nous dit qu’il y a d’autres grottes, et que nous avons juste à prendre un petit bus et nous faire déposer à hauteur du kilomètre 30. Nous allons prendre notre petit café à la gargote d’hier qui de jour est plus sympathique que de nuit. Le minibus nous dépose au km 30, une petite guérite deux jeunes mayas qui attendent le touriste. Le ticket comprend le guide de moins de 16 ans qui nous accompagne jusqu’à la grotte par un sentier balisé tout en nous posant des questions sur la vie chez nous et sur notre salaire, et surtout sur notre salaire…on lui fait comprendre que le message a été enregistré et qu’il aura droit à son pourliche. Nous longeons un chemin à pied de falaise à l’ombre des arbres et après une bonne demi-heure de transpiration nous arrivons. Le sentier s’enfonce dans un immense trou et en quelques mètres nous nous trouvons dans le frais d’une immense caverne qui nous enveloppe avec 20 mètres de hauteur. Le jeune guide nous explique le rôle de cette grotte dans les rites mayas. Nous ne pourrons pas nous enfoncer beaucoup plus dans la grotte en cette saison des pluies, dommage car le labyrinthe s’étend sur plusieurs kilomètres.
Nous retournons au village, récupérons nos affaires à l’hôtel et prenons un bus pour Coban, où nous devrons faire un changement pour Rabinal où nous devrions passer la nuit avant de reprendre la route pour Chimaltenangoet retrouver Tim et Ita jeune couple que nous avions croisés il y a quelques mois à Zanzibar.
Un peu avant la nuit nous arrivons dans la petite ville de Rabinal. Nous devons attendre une petite heure dans la station de bus que la pluie cesse. Pas une petite pluie, mais quelques chose de biblique qui transforme les rues en rivières en quelques secondes et charrie vers le fleuve tout ce que les gens balancent dans les rues. Des gens avec qui nous avons fait connaissance pendant le trajet nous indiquent un hôtel. La pluie ne diminuant pas nous nous lançons à sa recherche. Le temps de le trouver nous sommes entièrement trempés. Nous nous séchons et partons à la recherche d’un endroit pour manger. A Rabinal pas de touriste, donc pas de restaurant pour les étrangers, d’ailleurs nous ne trouvons qu’une seule place pour manger. S’il n’y avait pas eu les bonnes frites que nous avons trouvées sur un des étales du marché dans l’espoir vain de trouver un restaurant nous aurions été bien embarrassés tant la bouffe que nous finissons par trouver est mauvaise. Le lendemain nous nous promenons rapidement au marché, c’est d’ailleurs un jour particulier dévoué à un saint quelconque. Résultat procession devant l’église, chant, musique et danse. Aux quatre coins de la place il y a des musiciens qui jouent du xylophone à l’abris de la pluie éventuelle. Devant eux les gens viennent déposer des fleurs.
Nous ne traînons pas trop car nous avons un bus à prendre et même s’il n’y a que 100 kilomètres jusqu’à Chimaltenango, dans cette région montagneuse et la piste que nous allons devoir emprunter, nous jouons la carte de la prudence. Malgré cela, nous manquons de quelques minutes le bus, prochain demain. Nous nous posons à la sortie du village et tapons le stop. Une voiture toutes les dix minutes. Une bonne demi-heure et un pick-up nous arrache de Rabinal. Mais il ne nous dépose pas bien loin, à peine une dizaine de kilomètres. Ici nous restons une bonne heure, assis sur notre caillou en espérant qu’au moins une voiture passera avant que la pluie ne se mette à tomber. La deuxième sera la bonne. Encore un saut de puce. Après trois heures de stop, nous avons à peine avancé de 30 bornes. Nous resterons coincés dans un autre village deux bonnes heures à jouer aux billes avec des gamins histoire de faire venir les voitures. Nous rejoignons enfin l’asphalte et une ville de taille respectable, grâce à un papy et son vieux 4x4. De là nous trouvons bus, pick-up et encore un autre bus et vers 20 heures nous arrivons enfin à Chimaltenango. Il pleut, la nuit est tombée, la ville n’a rien de romantique. Nous trouvons une cabine téléphonique, et appelons Tim et Ita pour leur demander des précisions. Ils nous donnent les dernières indications, nous montons dans un Tuc tuc qui enfile les derniers kilomètres sur la Panamérican qui traverse la ville direction les Etats-Unis plus au nord.
Le Tuc tuc s’arrête et nous voyons la tête de Tim qui passe la porte. Nous voilà arrivés après avoir parcouru en 12 heures à peine 100 kilomètres en empruntant 11 véhicules : Pick-up, bus, 4x4, berline et un Tuc tuc pour finir.

dimanche 5 octobre 2008

J+275-281 / Des touristes chez les Mayas

La nuit, les lumières de la civilisation défilent, nous arrivons sur Tegucigalpa. Le car s'immobilise. Érik sera-t-il là ? Nous prenons nos petits sacs et descendons. "Hey guys, what's up?" Ca fait toujours plaisir d'être accueillis à la sortie d'un bus, cela fit bien longtemps que cela ne nous est pas arrivé. Nous sautons dans un taxi direction son hôtel. Ce n'est pas le plus chic, ni le plus moche. Nous ne restons qu’une nuit alors cela fera parfaitement l'affaire. Pas une échoppe d'ouverte, nous nous rabattons dans une station service pour manger. Au menu, des hamburgers des plus basiques, soda à volonté. Pas de doute on se rapproche des Etats-Unis. Pendant que nous dégustons, dehors des gars font vrombir leurs customs, polishent leur carrosserie et se la racontent accoudés à leur caisse avec la portière-papillon ouverte. Pas à dire une belle brochette de kékés. Chacun rejoint ses pénates.
Un café dans le hall de l'hôtel. Nous récupérons nos bagages et partons pour le terminal de bus où nous devons trouver un bus pour une ville au nord de Copan, de là nous devrons pouvoir trouver un bus pour cette petite bourgade où se trouvent les ruines de la cité maya. Erik a décidé de nous accompagner. En arrivant dans le quartier, nous comprenons immédiatement que nous n'allons pas voyager en première classe. Départ dans une demi-heure, juste le temps d'enfiler un bon petit-déjeuner pour nous faire patienter avant le départ. La route va être longue, un bon 6 heures. Rien à signaler, jusqu'à un arrêt dans une grande station où Laetitia a faillit manquer le bus, avec Érik à sa recherche et moi en train d'essayer d'expliquer au chauffeur qu'elle allait revenir... Tout cela ne nous empêche pas d'arriver en temps et en heure dans la petite bourgade de Copan. Un endroit tout à fait charmant, rues pavées, petites maisons au ton très colonial. Des hommes en Santiags et chapeau texan, et ceux qui stationnent devant les banques donnent une ambiance de western moderne avec leurs fusils à pompe. Nous trouvons un hôtel charmant, nous nous installons tous les trois dans la même chambre restriction budgétaire oblige. A la nuit tombée nous partons traîner nos semelles dans la ville, achetons des cigares et quelques bouteilles. Nous nous installons sur la place pour regarder un concert de musique religieuse en faisant des ronds de fumées.
Le lendemain nous reprenons notre cape de supertouristes et nous prenons un tuctuc direction les ruines de Copan, une des cités les plus tardives de l'ère maya. Un site agréable, boisé, de magnifiques stèles, des temples et peu de monde. Bref tout ce que l'on peut attendre d'un tel endroit. Nous apprenons en sortant qu'il y a d'autres ruines à visiter un peu plus loin qui sont elles constituées de nombreuses habitations. Dès le lendemain on récidive en Tuc tuc. En passant devant le site principal nous voyons un attroupement de personnes avec des banderoles, pas de doute c'est une manifestation qui n'a rien de culturelle. Le chauffeur nous le confirme, ce sont les paysans du coin qui manifestent sans doute pour réclamer de l'argent, apparemment les intérêts de notre chauffeur ne sont pas les mêmes que ceux des paysans. Nous quittons ce vilain personnage! Et nous partons visiter le site. Rapidement nous nous faisons aborder par un guide, cette fois nous acceptons. Magnifique parcours dans la forêt déserte de touristes, sans doute effrayés par les manifestants en amont. Retour en stop à l'arrière d'un pick-up, quel bonheur d'être debout les cheveux dans le vent...
Retour au village pour parler de la suite des évènements. Érik ne sait toujours pas si il va directement à Belize rejoindre sa tante avant de repartir pour Seattle. Devant autant d'indécision je sors un cigare et une bière et le convint de continuer la route pour Tikal, autre cité majeure de l'empire maya avec nous au moins jusqu'au point le plus proche de Belize. Et nous voilà le lendemain équipés et suants à discuter avec un rabatteur de minibus, qui au passage nous annonce un prix plus du double de celui que nous connaissons. Nous utilisons la technique habituelle de celui qui est prêt à ne pas prendre ce bus et attendre le prochain, immédiatement le prix rejoint le cours local. Une heure plus tard nous sommes à la frontière avec guatémaltèque. Le soleil fait place à une grosse averse, mais nous avons le temps de nous embarquer dans un autre minibus pour encore une heure de trajet. Nous arrivons dans une ville de taille moyenne, sale, polluée, avec des rabatteurs qui nous sautent dessus à peine sortis du bus... Et on enchaîne avec un autre bus direction une ville plus au nord. Le compteur tourne et la nuit arrive. Nous descendons en périphérie de la ville, traversons la voie pour nous rendre à l'officine pour nous renseigner sur les bus qui vont à Tikal. Il y en a. Mais le gars veut nous faire raquer la totalité du trajet depuis le point de départ du bus. Et ce bus passe ici vers 23 heures. Décor : quelques baraquements, une station service et le monsieur qui annonce qu'à partir de 21 heures le secteur est malfamé. Deux choix, dormir dans ce trou pourri et attendre le lendemain pour voyager ou bien prendre le bus. On est fatigués, affamés, incapables de prendre une décision, les nerfs lâchent, on s'engueule. La personne de l'office a une solution. On prend un bus pour un peu plus loin, compris dans le forfait, et on pourra, dans cet endroit mieux famé, attendre le bus qui devra nous emmener jusqu'à notre destination finale. Tout se passe comme prévu, au bout de deux heures le bus nous lâche tous les trois dans une immense station-service. Il est 20 heures. Erik espère pouvoir prendre ici un bus pour une ville plus au nord où il devrait choper un bateau pour Belize. En regardant la carte et le trajet du bus que nous devons prendre nous comprenons que son intérêt est de prendre le même que nous. D’autant plus que le bus qu'il comptait prendre ne s'est pas arrêté. Il serait donc condamné à dormir à la belle étoile dans la station. Le bus arrive, nous nous installons à nos places réservées, Érik n'a pas cette chance il est sur un tabouret dans l'allée. La nuit passe comme elle peut. Pas de climatisation, arrêts fréquents... A l'aube nous faisons nos adieux à Érik et descendons au croisement d'une route. Il est 6 heures du matin, nous y sommes presque. La ligne est droite, la fatigue grande, les sacs pesants, mais il y a encore un peu de fraîcheur de la nuit et les oiseaux chantent. Nous arrivons enfin au village et cherchons une place pour se prendre un café et finissons dans une cabane qui fait musée, bar, atelier le tout recouvert d'une bonne couche de poussière. Le gars nous sert un café avec une forte odeur de mais, une omelette avec les deux oeufs qu’il lui reste. Et le voilà qui pousse la chansonnette, tout en nous montrant son petit-musée... il réussit même à montrer des boucles d'oreille à Laetitia pour qu’elle les lui achète. Elles sont pas mal, le problème c'est qu'il n'a qu'une. Pas grave, il ramène ses perles, démonte d'autres bijoux, tout en nous lançant de temps en temps un regard dur qui se change immédiatement en un grand rire fraternel qui se finit en délire poétique... Bref nous ne savons pas si nous sommes très fatigués ou bien si nous sommes encore dans le bus en train de rêver cette scène digne d'un demi-sommeil entre rêve et réalité. Nous abandonnons difficilement cet étrange personnage à sa folie et nous prenons un bus pour l'entrée du parc qui abrite les ruines de Tikal. Comme pour saluer notre arriver la pluie vient nous laver de notre fatigue à grandes eaux. Nous nous rendons dans les trois hôtels pour évaluer leurs offres... pas si facile avec les torrents qui se forment dans les chemins. Mais nous finissons par en trouver un tout à fait à notre goût. Ici nous sommes bien loin des hôtels bons marchés que nous fréquentons habituellement : lampe de chevet, matelas épais, jolie vue sur le jardin tropical où les colibris viennent butiner des fleurs. Que c'est bon un peu de luxe, pas trop car nous devons tous de même sortir de la chambre pour aller nous laver dans la salle de bain commune... dans le luxe on a pris le moins cher. Dès le soir on prolonge notre séjour luxe par un dîner au restaurant de l'hôtel au prix très européen... on ajoute même à tout cela du vin, nous devons prendre des forces car demain matin nous prévoyons de nous rendre dès l'aube sur le site pour avoir l'agréable lumière de l'aube, le chant des oiseaux, peut-être voir un toucan que Laetitia cherche dans chaque forêt que nous traversons depuis que nous avons aborde la zone équatoriale et une température agréable.
Le chant du coq, nous sort du sommeil. Une bonne douche et nous voilà à la guérite où nous prenons nos billets. Tout serait parfait si les moustiques n'avaient pas décidé de venir aussi se joindre à nous. Mais après l'amazonie, nous avons presque appris à contrôler notre agacement face à cet horrible insecte. Heureusement que la vue du premier temple qui se découvre à travers l'épaisse végétation nous fait oublier ces petites choses et nous voilà sous le charme antique des cites mayas. Le site étant dispersé nous marchons dans la jungle pour rejoindre les différents regroupements, toujours à l'affût du toucan et de son cri de grenouille. Mais il ne veut pas se montrer. Apres trois bonnes heures et avoir découvert le groupe principal constitué de deux pyramides qui se font face, et quelques bâtiments d'habitations, nous retournons prendre un copieux petit déjeuner à l'hôtel avant de repartir explorer le reste du site. Et nous finirons par le voir notre toucan en plein vol, à peine quelques secondes pour admirer sa silhouette noire et son grand bec jaune et le voir disparaître dans les futaies arborescentes. Il est onze heures, nous sommes heureux et nous promenons joyeusement, contents d'avoir vu notre toucan. Nous grimpons au sommet des pyramides, pique-niquons sous les arbres pendant que les singes passent de branches en branches. Une journée bien agréable au cœur de l'histoire maya. Tikal fut la cité maya la plus influente de la période classique, elle le doit à la chute de la cité El Mirador qui domina pendant la première période et à l'éviction de sa rivale plus au nord. Lui succédera la star internationale du tourisme culturel mexicain, la très reconnue Chichen Itza. Il est 18 heures, le soleil se couche et laisse sa place à une pluie torrentielle. Il est donc temps de déserter le site comme la plupart des touristes et nous en retourner dans notre petite chambre à l'abri des intempéries et des moustiques.
Adieu Tikal, nous continuons notre route à l'ouest vers la charmante petite ville de Flores.

vendredi 3 octobre 2008

J+271-274 / Granada, little Italy

Des taxis sont là à l'arrivée du bateau pour attendre le client. Nous négocions le prix et montons pour nous faire déposer à l'endroit où nous pourrons prendre le bus pour Granada. Sur place on nous dit que le bus est déjà passé et on nous conseille de prendre celui qui se prépare à partir et ensuite un autre pour Granada. Le chauffeur n'a visiblement pas l'intention de nous attendre et le temps de décharger nos sacs du coffre du taxi, il commence à démarrer, nous sommes obligés de courir et de monter en route par l'arrière. Comme souvent en Amérique Centrale c'est un grand bus jaune Blue Bird. A croire que tous les vieux bus américains et canadiens ont échoués là. Nous nous installons, le gars chargé de faire payer essaye comme cela arrive souvent, de nous extorquer bien plus que le prix normal, des vendeurs de tout un tas de choses à manger montent par l'avant et redescendent par l'arrière à chaque arrêt, un trajet normal de bus quoi ! On nous dépose à un croisement où nous attendons le bus suivant pour Granada qui ne tarde pas à arriver.
Granada, ville coloniale, probablement la plus belle du Nicaragua nous accueille en fin de journée avec une lumière magnifique sur ses bâtiments ocre. Nous nous mettons tout de suite à la recherche de l'hôtel Roxane, le fameux hôtel tenu par un italien et sa femme dont nous ont parlé les allemands sur l'Isla Ometepe. Roxane et Giovanni sont là et ils ont des chambres de libres, sans les souris ! Roxane nous annonce un montant plus élevé que celui qu'avaient eu les allemands et à nos têtes elle descend d'elle-même le prix. Finalement nous prendrons une chambre pour nous trois, elle donne sur une petite cour où jouent leurs enfants. Bonne ambiance, internet gratuit et apparemment Giovanni est un cuistot hors pair, pour les pasta en tout cas. L'endroit parfait pour trois ou quatre jours tranquilles dans cette ville qui n'est pas trop grande et dans laquelle il y a pas mal de choses à visiter. Pour commencer nous commandons à Giovanni de bonnes bières fraîches et des pâtes au gorgonzola. J'essaye de parler un peu italien avec Giovanni mais c'est l'espagnol qui me vient et comme lui parle un savant mélange des deux langues c'est assez incompréhensible pour les autres. J'apprends qu'il est installé au Nicaragua depuis huit ans, il était venu passer des vacances et il n'est jamais reparti. Les pâtes arrivent accompagnées d'une douce odeur de gorgonzola. Elles sont délicieuses ! Ça faisait tellement longtemps que nous n'avions pas mangé quelque chose de si bon que nous les dégustons une à une en nous assurant qu'elles sont bien recouvertes de cette sauce parfaite et nous en redemandons ! Il n'en reste que pour un plat mais nous le commandons quand même et nous le partageons. Nous avons fini le stock de gorgonzola mais je suis sûre que Giovanni en a un perso planqué quelque part. Nous parlons bien sûr de la coupe d'Europe de foot et du match Fance-Italie qui aura lieu le lendemain. Nous nous donnons rendez-vous à deux heures pour regarder le match ensemble.
Après une chaude nuit nous allons voir à quoi ressemble cette ville. La chaleur est écrasante et nous avons du mal à trouver un endroit pour prendre un petit-déjeuner mais la ville à l'air agréable. Nous commençons par un musée d'anthropologie, pas exceptionnel mais qui nous donne un aperçu de ce que nous pourrons voir sur les sites mayas que nous allons voir bientôt et au moins il y fait frais. L'heure du match de foot approche et nous mangeons un morceau vite fait avant de rejoindre l'hôtel et Giovanni. Quand nous arrivons tout est calme, la télé est éteinte et pas de Giovanni dans les parages. Bizarre. Nous allumons la télé et pas de match. C'est quoi cette histoire. Là dessus Giovanni arrive et nous demande pourquoi on n'est pas venus voir le match avec lui ! Comment ça ? Il commence dans 10 minutes le match ! "Ben non, il est fini et en plus la France a perdu." nous répond-il. Et là je comprends tout. Quand on lui a demandé à quelle heure il commençait il nous a dit "a las doce" et nous on a compris "a las dos". Le match était à midi et pas à deux heures et le pire c'est que ce n'est pas la première fois que ça nous arrive, verbalement la différence est subtile et on s'est fait avoir. En même temps si c'était pour voir les français prendre une rouste et se faire vanner ce n'est pas bien grave. Du coup on décide d'aller faire une sieste, comme les locaux, les rues sont vides à cette heure-ci, trop chaud. En plus Erik ne se sent pas très bien côté estomac. Sûrement un truc qu'il a mangé, le problème c'est qu'on a tous les trois mangé la même chose alors Stan et moi on croise les doigts. Le soir nous testons un autre plat de Giovanni qui décidément est un bon cuisinier et ça nous fait plaisir de manger un plat différent du sempiternel poulet, riz sans sauce et bananes frites et surtout un plat qui a du goût. Nous passons la soirée à discuter avec Giovanni, moitié en espagnol, moitié en italien tout en buvant des bières, enfin surtout Giovanni. Le lendemain matin c'est à mon tour d'avoir des problèmes d'estomac et Erik ne va pas mieux du tout, par contre, Stan est en pleine forme. Nous faisons l'inventaire de ce que nous avons mangé la veille et la seule chose qu'Erik et moi avons dégustée et pas Stan c'est une glace, sûrement bourrée de vilaines bactéries. Et voila comment la gourmandise vous punie. Stan se retrouve avec deux boulets qui n'ont rien envie de manger et qui ne peuvent pas s'éloigner des toilettes de plus de 100 mètres ! La journée sera donc placée sous le signe du "farniente", et le fabuleux projet de prendre le bateau pour visiter un chapelet d'îles non loin sombre dans les eaux du lac Nicaragua. Nous avons tout de même la force de nous traîner jusqu'au bureau de bus pour nous renseigner sur le bus à prendre pour nous rendre jusqu'à Copàn au Honduras où il y a des ruines mayas. Pas de bus direct, nous devrons passer la nuit à Tegucigalpal la capitale du Honduras. Erik décide de partir le lendemain. Avec Stan nous préférons rester une journée de plus et dans le cas où ma santé s'améliorerait nous pourrions nous rendre sur les îles. Avant de nous en retourner dans le centre ville, nous visitons une ruine des temps modernes et un futur site archéologique et touristique pour les générations futures : u hôpital abandonné depuis une dizaine d'années.
Pour notre dernier soir ensemble, Erik nous offre le repas dans une bonne pizzeria de la ville. Granada est comme une petite Italie et elle ne manque donc pas d'endroits pour bien manger. Nous voilà en terrasse à prendre du bon temps, inévitablement des vendeurs de bric et de broc passent pour vendre souvenirs et petites choses pour grignoter à l'apéro. Et nous optons pour les choses à manger. Le petit gamin qui les vend a un tel talent pour mettre en valeur les petits gâteaux que sans aucun doute sa maman prépare, que nous lui en achetons bien que notre pizza soit sur le point d’être servies. Les pizzas arrivent, nous continuons de discuter tout en buvant... Evidemment nous refaisons le monde parlons des problèmes d'écologie d'ordre mondial, du gaspillage énergétique ce qui amène Erik à nous parler de son projet de maison énergétiquement autonome. Très intéressant mais ce serait un peu long et fastidieux de vous le décrire. C'est à ce moment que deux poufs américaines que nous avions croisées sur Isla Ometepe se pointent et s'imposent à notre table, la conversation vire de bord vers un ennui mortel, heureusement à force de silences elles finissent par comprendre que leurs places est ailleurs. En plus, contrairement à Erik qui fait un effort pour ne pas parler trop vite dans sa langue natale pour que nous le comprenions, elles ne font aucun effort et seul Erik arrive a décrypter ce qu’elles disent. La conversation reprend son cours comme si elles n'avaient jamais existée et c'est beaucoup mieux.
Le lendemain matin Erik nous fait ses adieux en nous disant que si il changeait d'avis il nous attendrait à la sortir du bus à Tegucigalpa quand nous arriverons demain. N'étant toujours pas rétablie, nous faisons une journée tranquille. Giovanni voyant ma faiblesse, me prépare un Rizotto des plus fameux pour me remettre l'estomac en place. Dans l'après-midi nous passons par la case coiffeur où Stan tente d'expliquer au coiffeur qu'il voudrait une coupe Psyko avec dessin à l'appui. Le résultat n'est pas si mal. Il aura même droit à un rasage triple passage avec arrosage à l'eau de Cologne et un massage de tête pour apaiser le tout. Le soir Giovanni nous a proposé de venir manger chez lui car sa femme organise une soirée danse du ventre. Nous n’avons rien d’autre de prévu alors on y va et heureusement car nous sommes les seuls spectateurs. C’est notre dernière nuit à Granada et au Nicaragua , demain direction le Honduras.

jeudi 18 septembre 2008

J+365 / sans commentaire


Enfin, on rentre, et on repart... pour un mois ! Re-retour a Paris prévu vers le 20 octobre. Pendant ce temps-la vous pourrez suivre la suite de nos aventures américaines et asiatiques. Enfin tout ça c'est si on a le temps.
Pour info, petite fête prévue le week-end du 31 octobre, donc affaire à suivre.

mercredi 3 septembre 2008

J+267-271 / L'ami americain

Nous entrons dans le hall du terminal de bus, regard d'ensemble, mon oeil s'arrête sur une silhouette connue. Éric, l'américain de Seattle assis attendant sagement le départ du bus. Il n'a pas changé, si ce n' est qu'il a perdu un peu de ses coups de soleil et retrouvé son teint d'aspirine. Comme nous il part pour le Nicaragua, il ne sait pas exactement ou et après discussion dans le bus, il est bien tenté lui aussi par un passage par Isla Ometepe et son lac qui est le plus grand Amérique centrale. Un passage de frontière plus loin, nous descendons dans une ville faisant face à l'île et ses deux majestueux volcans. Avant de nous embarquer nous essayons de prendre des nouvelles de Slava, savoir si il a bien embarqué pour son vol direction La Havane, car Éric qui a payé son ticket via sa carte bleue s'est vu retourner l'argent du vol et il est sans nouvelles de lui. Malheureusement la compagnie aérienne ne veut pas lui confirmer sa présence sur le vol par clause de confidentialité. Espérons qu'il ne se soit pas fait enlever par la police qui lui a proposé de le déposer à l'aéroport. Nous ne sommes pas bien sûr que les policiers dans ce pays soient de toute confiance.
Arrivés sur la jetée nous trouvons tout de suite un bateau qui fait la liaison quotidienne avec l'île. Un bateau mi-cargo, mi-ferry, mi-rafiot. Nous nous installons sur le pont supérieur pour admirer l'île couronnée de ses deux majestueux volcans, Concepcion et Madura. Après quelques minutes de navigation l'ambiance change, les vagues se forment, se creusent et nous plongeons et remontons en cadence. Le bateau gîte de droite et de gauche ; régulièrement les vagues arrosent le pont, on se croiraient en pleine mer. Nous subissons une bonne heure de ce traitement. Un peu avant d'arriver à
Le lendemain nous projetons de nous rendre au Cerco Verde, enclave aquatique proche de la berge. Pour cela nous nous rendons au village pour louer des vélos. Éric en profite pour essayer de retirer de l'argent, mais faute de passeport il est refoulé après plus d'une heure d'attente, c'est donc Laetitia qui s'y rend pour lui. Je profite de ce temps pour regarder la France jouer contre la Hollande, mais nous devons partir à la mi-temps alors que la France martele le but hollandais sans jamais trouver la faille. Deux bonnes heures de bicyclette, nous nous arrêtons de temps en temps pour nous reposer et regarder l'évolution du match sur les télés de ceux qui le suivent ... cela se finit par un score absolument scandaleux, sans doute du à un nombre incroyable de fautes d'arbitrages en faveur de la Hollande !!! Une bonne bière en arrivant pour nous remettre de ces deux petites heures de bicyclette et nous allons nous promener autour du petit étang, chercher quelques cailloux sur la plage de sable noir et se frayer un chemin dans une mangrove bien marécageuse.
A la nuit, nous sommes de retour à la maison, la famille s'est un peu inquiétée de notre retard. En arrivant au village nous avons dû chercher une voiture pour nous emmener le soir jusqu'à l'autre bout de l'île dans une ferme où nous devrions trouver du café, au pied du plus petit des deux volcans. Nous récupérons nos sacs, faisons nos adieux à cette famille d'une nuit ; à peine avons nous roulé quelques dizaines de mètres que la voiture tombe en rade de façon définitive. Merde. Le chauffeur nous dit de pas nous inquiéter, son fils va venir nous chercher pour nous emmener en 4x4, pour patienter nous ouvrons des bières chaudes. Le fils arrive et nous nous remettons en route, il nous faut une bonne heure et demie de route pour parcourir la distance qui n'est pas grande, mais la majeure partie se fait sur de la piste caillouteuse et boueuse. Vers 21 heures nous arrivons à la Finca Magdalena. Éric souhaiterait dormir à la fraîche dans un hamac, mais il fait vraiment frais alors il prend comme nous une petite chambre. Le restaurant étant encore ouvert nous en profitons pour remplir nos estomacs et partons nous coucher, car demain il va nous falloir être en forme pour gravir le volcan jusqu'à son sommet, même si c'est le plus petite des deux et que ses flancs sont ombragés.
Chacun se réveille à son rythme, et vers 10 heures nous partons en prenant soin d'esquiver le guide que le personnel de l'hôtel a essayé de nous mettre en les pattes. Rapidement nous nous rendrons compte de l'inutilité de celui-ci : le chemin est tout droit jusqu'au sommet. En chemin nous découvrons des plantations de cacao, une pépinière de caféiers mais aussi des pétroglyphes datant des premiers temps de l'occupation de l'île. Cette première partie a tout d'une promenade. Jusqu'au moment où nous croisons un groupe qui en redescend les chaussures et les pantalons couverts de boue et qui annonce l'air bien fatigué que nous avons franchit le premier tiers. Petit à petit nous comprenons, les pierres sont de plus en plus glissantes, de plus en plus de boue, la côte se raidit et la végétation se densifie. Les pauses se font de plus en plus fréquentes et nous n'avons même plus les poumons pour nous fumer une petite tige, qui serait d'ailleurs instantanément éteinte tant nous suons sang et eau. La végétation change, les arbres se tordent, les branches s'entremêlent, les mousses, les orchidées et autres plantes parasites viennent y trouver refuge. Nous continuons péniblement notre chemin surveillés de loin par les singes. Dans le lointain les cris des singes hurleurs qui font échos sur les parois du volcan. Vers 14 heures nous arrivons au sommet, nous redescendons et quelques minutes plus tard nous découvrons un petit lac qui s'est fait sa place au creux du cratère. Nous prenons le temps d'admirer le lieu, de nous baigner, de déjeuner et redescendons avec précaution tant il y a de boue et de pierres glissantes. Presque arrivés à la ferme, nous nous posons pour admirer les singes hurleurs qui tiennent conseil au sommet, sur la canopée !
Dès le lendemain nous récidivons pour une promenade qui parait plus facile. Nous prenons la direction d'une cascade qu'on nous a indiqué. Nous manquerons de nous perdre plusieurs fois en chemin, si nous n'avions pas trouvé l'aide de fermiers qui bossaient par là. Pour accéder à la cascade, le chemin sera lui aussi bien pentu, pas autant que la veille, mais avec la fatigue il en parait tout autant. Petite déception en arrivant à la cascade, elle est petite et encombrée de tuyaux et de ciment posés par les gens pour en récupérer l'eau afin d'irriguer leurs champs et sans doute leurs maisons. De retour nous admirons de nombreux pétroglyphes disséminés dans la forêt. Bien fatigués nous nous installons sur la terrase pour admirer le soleil se coucher derrière le volcan en buvant une bonne bière.
Notre séjour sur l'île, qui concourt pour l'une des sept merveilles naturelles du monde, s'achève. Avant de quitter la ferme je discute avec l'un des fermiers qui m'explique la façon dont il traite le café dans cette ferme. A l'ancienne et sans pesticide. Récolte à la main, dépulpage dans de vieilles machines et séchage au soleil pendant plusieurs semaines, contrairement à certaines régions ou cela se fait en quelques jours. Ici il pleut beaucoup. Voila la recette d'un café organique et selon leur dire le meilleur du monde. Sans hésiter nous achetons une livre de café vert.
A pied et sous le soleil nous gagnons l'arrêt de bus dans le village en contrebas, patientons avec quelques autres touristes que le bus arrive. Nous montons a bord de l'épave qui ne dépasse pas les 15 kilomètres heures, mais qui jamais ne s'arrête. Après deux heures de trajet nous voilà dans le nord de l'île, nous déjeunons et nous nous installons dans le rafiot pour regagner la côte.